La pause méditative, une pratique de Pleine Conscience

Une pratique rapide et efficace pour revenir à la Pleine Conscience, à toute heure et en tout lieu, pour échapper au pilotage automatique… que l’on soit débutant ou initiés, disponibles ou overbookés !

Méditer c’est s’arrêter ! 

Jon Kabat Zinn définit en premier lieu la Méditation Pleine Conscience par cette notion toute simple : s’arrêter. Nous vivons le plus souvent dans le tourbillon de la vie, pris par le tumulte, avec l’exigence de rapidité, d’efficacité qui nous entoure et à laquelle nous avons pris l’habitude de répondre. On peut d’ailleurs avoir cette sensation que « ça ne s’arrête jamais » ou encore s’entendre dire « je n’ai pas une minute pour moi ». Lorsque nous sommes ainsi happés par le rythme et les contingences quotidiennes nous finissons par vivre comme des robots, en pilotage automatique. Nous ne nous appartenons plus. Nous sommes comme hors de nous-même.

Comment faire ?

Nous vous invitons donc, plusieurs fois par jours, à pratiquer la pause méditative en 3 temps :

  1. CONSCIENCE : Délibérément,  je m’arrête et je prends conscience ce qui est là, dans l’instant présent : pensées, sensations, émotions… Sans jugement !
  2.  FOCALISATION : Je ramène toute mon attention sur ma respiration
  3. ELARGISSEMENT : J’ouvre mon champ de conscience au-delà de ma respiration à tout mon corps, ma posture, l’expression de mon visage.

Vous pouvez définir ces moments à l’avance : avant le repas, avant de répondre au téléphone, à chaque feux rouges en voiture etc. Ou alors, vous pouvez pratiquer de manière informelle, selon l’inspiration du moment mais c’est peut-être plus difficile au début.

L’astuce :

MindBell est une appli très utile pour cette pratique que l’on peut installer sur son téléphone. De façon aléatoire, un joli son de cloche résonne au fil de la journée pour vous aider à pratiquer l’arrêt.

Une pause pour revenir l’essentiel

La pratique de l’arrêt nous permet de revenir à nous-même, dans l’instant présent et ainsi de nous reconnecter à l’essentiel. On peut également l’utiliser dans des moments clés ou problématiques pour nous (de colère, de peur etc.) afin d’observer notre fonctionnement et l’enrayer. C’est une manière simple et très puissante de rester maître de soi, de son temps et de sa vie. Et cela ne prend que quelques respirations, une petite minute !

Des contre-indications à la Méditation Pleine Conscience ?

Ouverte à tous, profondément positive et bienfaisante en soi, la Méditation Pleine Conscience  se doit pourtant d’être abordée avec rigueur et réalisme.

Des bienfaits avérés…

Diverses études, et toutes les neurosciences, apportent largement la preuve des bienfaits de la méditation sur notre santé physique et psychique (voir ici http://artdemediter.com/les-bienfaits-de-la-meditation-pleine-conscience/). De même qu’elle peut s’adapter à tous, dans notre grande diversité, simplement à partir du moment où nous en ressentons l’envie et le besoin. Pour autant, il est utile de rappeler qu’elle est un outil puissant et qu’en tant que tel il est important d’en mesurer les limites.

Situations particulières d’incompatibilité

Parce qu’elle nous conduit à entrer profondément en contact avec ce qui est (en nous et autour de nous), tel que cela est dans l’instant, cette pratique peut provoquer des secousses sur des terrains sensibles. Il est recommandé d’éviter cette pratique dans les situations suivantes :

  • dépression en phase aigüe,
  • états maniaco-dépressif (bipolaires) non stabilisés,
  • troubles aigus de l’attention,
  • séquelles psychologiques d’abus physiques, émotionnels ou sexuels,
  • dissociations,
  • attaques de panique récurrentes,
  • troubles psychotiques avec hallucinations, délires etc.

Encore que, il ne s’agit pas de contre-indication absolue. Cela appelle nécessairement un avis médical préalable et/ou un accompagnement renforcé.

En passant par ses inconforts…

On présente toujours la Méditation Pleine Conscience sous son meilleur jour. Et il est vrai que les premiers pas sont souvent légers et apaisants. Mais il serait malhonnête de négliger d’avertir que c’est un chemin parfois sinueux ! Parce que nous entrons en contact avec une vision élargie, nous éclairons nos zones d’ombres, déconstruisant des représentations et certitudes bien ancrées… et parfois confortables ! Tout méditant chevronné a traversé des périodes de doutes, d’inconfort, pour accéder à un autre seuil, plus profond, plus solide. Avant d’être à nouveau bousculé ! Car c’est aussi ainsi que l’on grandit… J’invite parfois des participants à s’offrir un espace de soin avec un énergéticien, un psychothérapeute pour mieux accueillir et guérir ce qui là, en parallèle de leur pratique.

J’adore ce gatha de Thich Nhat Hanh :

Sans la boue pas de lotus

 

 

Méditer pour la première fois en pleine conscience

En méditation comme en amour, le premier pas est parfois difficile à franchir ! Pourquoi ne pas prendre simplement rendez-vous… avec vous !

Méditer pour soi

Car méditer c’est d’abord cela. Prendre du temps pour soi, prendre rendez-vous avec soi. Comme nous prenons rendez-vous avec notre meilleur ami car sa présence nous fait grand bien, nous allège, nous régénère. Et nous n’avons pas de meilleur ami que nous même, encore faut-il le rencontrer. Quand je dis prendre rendez-vous avec soi, cela signifie se dire « ok, maintenant c’est le moment, je prends 5 mn pour moi ». Ici maintenant ou dès demain matin 7h30 avant mon café, avant le réveil des enfants, je m’accorde ce temps. Sachant que nous pouvons toujours croire que nous n’avons pas le temps (on dit bien que c’est le mal du siècle !) tant que nous ne PRENONS pas ce temps.

Si nous regardons les choses attentivement et avec honnêteté, nous constaterons que nous pouvons toujours prendre 5 mn. Quand un ami très cher est en difficulté ou nous manque, même si nous sommes débordés, nous prenons ce temps, à un moment où un autre de la journée. Il faut juste choisir. 5 mn de plus sous ma couette le matin ou ce rendez-vous. Qu’est-ce qui est le plus important ? Ce rendez-vous avec l’ami ou un café de plus dans ma journée ? En ai-je suffisamment assez de ma fatigue, de mon stress pour faire de ce moment (5 mn…) une priorité ?

« Celui qui a franchi le seuil de la porte a déjà parcouru une bonne partie du chemin »
Proverbe hollandais

Se donner rendez-vous pour méditer

Lorsque la réponse affirmative s’impose enfin clairement à vous, fixez ce rendez-vous de méditation dans la pleine conscience que vous choisissez délibérément de faire une démarche positive pour vous-même. Fixez ce moment dans votre emploi du temps. Peu importe lequel à ce stade. Posez date et heure de manière délibérée, notez-le dans votre agenda si vous le souhaitez. Dès lors que ce rendez-vous est fixé, nourrissez l’idée que rien n’est plus important que cette démarche, élaguez tout ce qui pourrait y faire obstacle le moment venu et laissez votre esprit s’y préparer. Comme pour un rendez-vous amoureux, vous ne savez pas ce qu’il se passera mais vous avez déjà choisi d’y aller. Félicitez-vous, vous n’êtes pas encore assis sur votre coussin mais vous savez secrètement que vous êtes déjà en chemin.

« Si tu fais une seule véritable méditation, tu sais pour toujours qu’il n’y a rien de mieux à faire. Le reste est ignorance, inquiétude mentale »
Jack Kerouac